Historique de la fédération

Dénominations successives Liste des présidents Liste des congrès

FÉDÉRATION  NATIONALE  du  GÉNIE

HISTORIQUE DE LA FEDERATION

L’origine et les motifs de fondation des fédérations d’arme

Les premières amicales de sapeurs se sont constituées dès avant 1914, mais elles sont restées indépendantes jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Dès la fin de l’occupation allemande, précisément en 1944, le Ministre de la guerre a délégué dans toute la France et dans chacune des régions militaires, des officiers supérieurs d’active, un par arme, ayant pour objectif de :

« trouver dans chaque département, et pour chaque arme, un ou plusieurs animateurs, connus pour leurs sentiments patriotiques et leur fidélité à l’armée. »

Ces officiers avaient pour mission :
• de faire créer par des anciens de toutes armes (choisis par eux), des amicales régimentaires qui étaient basées dans les garnisons, pour exister à côté des corps de troupe de même spécialité.
• de rassembler le plus grand nombre d’anciens (combattants ou non combattants) pour, avec eux, rester fidèles à la consigne de liaison armée-nation.

Cette disposition fut prise par le Ministre de la guerre, pour élargir l’influence de notre armée régulière sur les populations civiles, qui retrouvaient d’un seul coup la liberté, et ne devaient pas être influencées par des groupements particulièrement disciplinés, mais à orientation politique marquée.

Cette mission, à travers toute la France,a donné des résultats presque immédiats grâce à l’activité des officiers délégués par le ministre, et a entraîné:
• la création de fédérations d’armes : artillerie, cavalerie, transmissions, génie, chasseurs, légion étrangère, coloniale, marine, armée de l’air ;
• la création d’associations de grandes unités : 1e division blindée, 2e division blindée, 5e division blindée, 3e division d’infanterie algérienne, 4e division marocaine de montagne, 27e division d’infanterie alpine…

En 1945, les représentants des régions furent convoqués à Paris, dans les directions de chaque arme. Les représentants des grandes unités, de leur côté, le furent pour créer la célèbre et glorieuse Association « Rhin et Danube ».

La F.N.A.S.

Notre fédération, la F.N.A.S., vit le jour sous l’autorité du général PINSON, Directeur central du génie.
          Moins de trente associations du génie étaient représentées rue de Bellechasse lorsque furent élaborés et adoptés les statuts de la FNAS. 
          Fut élu immédiatement le conseil national, dont tous les présents furent membres afin que les régions s’organisent sans délai et recrutent pour qu’à nouveau les mérites de notre armée, qui comme partout est faite de civils, retrouvent la place qu’elle méritait dans l’unité nationale.
          C’est dans cet esprit, que l’article N°1 des statuts de la FNAS avait été conçu (salle des inspecteurs généraux du génie, à Paris, en 1945). Cet article premier faisait parfaitement ressortir, et précisait, que « tous les sapeurs pouvaient adhérer sans distinction de grade ».
          Sa rédaction orientait (sans confusion dans l’esprit de ceux qui en prenaient connaissance) que la F.N.A.S. était avant tout une fédération « troupe », laquelle n’avait jamais existé jusqu’alors malgré la présence sur le territoire d’un grand nombre d’amicales d’anciens sapeurs vivant sous le signe de l’indépendance totale.
          La FNAS a été depuis sa création, une fédération Troupe (Art. 1) ; elle tenait précisément à rester fidèle à la formule qui guidait nos sections : « fraternité et solidarité c’est à dire « fraternité d’arme » et « solidarité sapeur ».
          Le bureau national avait créé, sur proposition du général de DOUHET un comité d’assistance sapeur France-Afrique du Nord, à la tête duquel, il avait justement nommé comme secrétaire, René LACROIX, homme de confiance du président de la fédération et aussi de tous ceux qui travaillaient.
         Les français qui rentraient d’Afrique du Nord trouvaient aide et reclassement auprès de ce comité, mis sur pied pour aider nos camarades de ces régions.
         En 1978, au congrès national de Besançon, le chiffre de 18.000 membres a été prononcé, s’appuyant sur les 200 sections et antennes, qui existaient sur le territoire métropolitain. Ce qui classait, en 1978, la Fédération nationale des anciens sapeurs, en tête de toutes les autres fédérations d’arme de l’Armée française.

L’acte fondateur de la F.N.A.S.

« Fédération nationale des amicales d’anciens des corps de sapeurs-mineurs 

et des formations de l’arme du génie »

       Le samedi 12 juillet 1947, répondant à l’appel qui leur avait été lancé le 13 juin 1947, un certain nombre de représentants des groupements d’anciens du génie se sont réunis à Paris, 39 rue de Bellechasse, avec pour objectif de former une « Fédération nationale ».

Chacune des régions militaires dans lesquelles des amicales d’anciens du génie avaient été reconstituées depuis 1946 avaient envoyé un ou plusieurs représentants. Les amicales, associations ou groupements de l’Afrique du Nord n’avaient pu, en raison de l’éloignement, se faire représenter à cette réunion.

Etaient en outre présents le général AMATHIEU, chargé à la Direction centrale du génie de la liaison avec les amicales régimentaires, ainsi que les colonels THIERRY et MONNAC et le lieutenant-colonel DELOURME, chargés des mêmes fonctions dans le 1e, 3e, et 5e régions militaires.

A la suite d’une allocution du général PINSON, membre du Conseil supérieur de la guerre et Directeur central du génie, le général AMATHIEU exposa le but de la réunion et dirigea la discussion.
Après l’adoption des statuts, qui seront déposés dans les plus brefs délais à la préfecture de police, il a été procédé à la nomination du bureau provisoire :
Ont été élus à l’unanimité :

Président :

M. Forent NANQUETTE, 

de l’Association amicale des anciens du 11e Génie

Président adjoint :

M. Lucien BARRET, 

de l’Amicale des anciens du 4e génie et des anciens sapeurs de Grenoble

Vice-présidents :  M. GRAFF,
président de l’Amicale des anciens du génie d’Alsace
  M. LAIR,
de l’Amicale des anciens sapeurs de chemin de fer
  M. LIGNOT,
de l’Amicale de l’Anjou
  M. PILATE,
de l’Amicale des anciens du génie de la 2e région
  M. REVEL,
de l’Amicale des anciens du génie de l’Hérault
Secrétaires généraux : M. CATALA,
  M. GUEYMARD 
Secrétaire général adjoint : M. ULEYN
Trésorier général adjoint : à désigner par l’amicale du Puy de Dôme
Membres du bureau : MM. BLANC, DUMOULIN, KERN, MUET, PERLI


       
       A la suite de cette réunion, une dizaine de représentants, non retenus par d’autres obligations, ont assisté à la cérémonie quotidienne de l’Arc de triomphe, pour raviver la flamme sur le tombeau du Soldat inconnu au cours de laquelle le drapeau du comité de la flamme fut confié à M. PILATE de la 2e région militaire.

Nous rappelons que la FNAS avait pour buts de :

1. Grouper, à l’échelon national, les amicales et les différentes associations ou groupements légalement constitués d’anciens militaires de tous grades ayant appartenu à un corps de sapeurs mineurs ou à une formation de l’arme du génie, en vue de maintenir et de perpétuer les liens de camaraderie, d’entraide et de solidarité nés sous les drapeaux ; les militaires de tous grades de l’armée active pouvaient également faire partie de ces amicales ou groupements.

2. Faciliter, dans le cadre des règlements en vigueur, les démarches nécessaires au bon fonctionnement des amicales ou groupements, près des administrations publiques.

3. Servir de liaison entre les divers groupements ou amicales, dans l’intérêt commun de leurs membres.

4. Représenter les diverses amicales ou associations auprès du ministre et dans tous les comités et toutes les manifestations intéressant les anciens sapeurs.

5. Organiser à cet effet la propagande nécessaire et, notamment, assurer la publication d’un bulletin fédéral.

 

Depuis…

         Nombreux sont ceux qui, « sapeur jusqu’au dernier souffle », sont tombés le long de notre route. Revoyons leurs visages souriants et volontaires : NANQUETTE, BOURGEOIS, DOREMUS, LACROIX, LEHR, MANTEL, WILDLING, FRES-BACH, CARBONNEL, PILATE, ROUSSON, GEYMARD, GOTTELAND, LARRIEU, JACQUELIN, FALCIMAGNE…

         Ceux-ci sont déjà loin dans la nuit des temps, mais toujours présents dans nos esprits et dans nos cœurs, mais encore plus près de nous, combien sont partis, dont nous sommes les héritiers directs pour persister dans la tâche que nous devons accomplir et aussi transmettre à ceux qui nous succèdent déjà et à ceux qui nous succèderont, les principes et les consignes qui nous dictent notre amour de la patrie, la terre de nos pères, et aussi notre amour de la liberté dans un monde libre.

         A travers la France, nous avons tenu 36 congrès nationaux. Tous ont rassemblé des centaines et centaines de sapeurs de tous âges, de toutes situations, de toutes conditions, tout cela sans distinction de grade, dans un esprit total d’unité, de simplicité et de fraternité.

         La FNAS a parcouru une partie du monde : Etats –Unis, Inde, Canada, Turquie, Egypte, Israël, Finlande, Thaïlande, URSS, République Fédérale Allemande, République Démocratique Allemande et plus près de nous : Grande Bretagne, Belgique, Italie, Espagne et Luxembourg. Partout nos drapeaux tricolores et nos fanions rouges et noirs ont été salués par les combattants et les sapeurs de toutes ces armées.

         La FNAS partout, a laissé une trace de son passage, les souvenirs de ces rencontres subsistent dans toutes les nations visitées et des relations de fraternité d’arme se sont établies.

Ceux qui ont fait notre fédération

          Dès sa constitution, la FNAS élisait à sa tête son premier Président : Florent NANQUETTE qui allait mettre en place les premières structures de la fédération. Touché par la maladie, il devait quitter son poste en 1948 et fut remplacé par son adjoint Lucien BARRET. 

          Pendant près de quarante ans de présidence, le lieutenant-colonel (H) BARRET allait faire prendre à notre fédération sa vaste dimension et notamment son rayonnement international. 

          C’est le colonel (H) André DUC qui lui succèdera en 1987 et qui au cours de ses huit années de présidence organisera la structure décentralisée qui prévaut encore à ce jour. 

          En 1995 la fédération porte à sa tête le colonel Bernard LHUILLIER, trop tôt enlevé à notre amitié par la maladie, début 1997. 

          Le conseil désigne alors le lieutenant-colonel (H) Marcellin RICHARD pour le mandat en cours ; il s’acquitta de cette lourde tâche avec tout son dynamisme. 

          Le colonel (H) Robert LATOUR élu par le conseil en septembre 1999 pour un mandat de quatre ans lui succédera et sous son impulsion, le conseil décide de mettre à jour ses statuts afin de les adapter au mieux aux structures actuelles de l’armée d’active. De même afin d’amplifier son action notre fédération continue sa longue route sous la dénomination de « Fédération nationale des amicales de sapeurs », ce qui, volontairement, ne modifie pas notre sigle FNAS. ( JO du 10 Mars 2001).

          Le général de corps d’armée (2S) Marcel FRANCOISE succédera en 2003 au président LATOUR. Il proposera de rassembler sous le sigle F.N.G. (Fédération nationale du génie) toutes les composantes de l’arme, du service, de la sécurité et fera intégrer la puissante Fédération nationale des amicales de sapeurs pompiers de Paris (F.N.A.S.P.P.). 

          Le général (2S) Jean Jacques RIGOUX élu fin 2007 préside actuellement aux destinées de la Fédération nationale du génie consolidant le lien avec toutes les composantes de l’arme et avec l’Ecole du génie d’Angers. 

          Ainsi la Fédération nationale des amicales de sapeurs et aujourd’hui la Fédération nationale du génie ont toujours été, depuis plus de six décennies, la grande famille des sapeurs cultivant le souvenir et la mémoire dans la plus fraternelle amitié, tout en s’associant à l’évolution nécessaire de nos armées et de l’arme du génie dans le cadre des relations armée-nation.

          Au terme de cette rétrospective de plus de 60 années de travail opiniâtre pour assurer la liaison armée-nation, nous devons sincèrement rendre hommage aux hautes autorités militaires, constituées depuis 1945 par le ministre de la défense, les directeurs centraux du génie et les inspecteurs du génie, pour l’attention et le soutien qu’ils ont bien voulu apporter à notre fédération.

          Comme il faut rendre personnellement hommage à tous ceux qui, depuis plus de 60 ans, morts ou vivants, ont travaillé à élever cet édifice, solide et robuste, qu’est notre Fédération du génie, imageant de belle manière la formule de Lucien BARRET :

« NOUS SOMMES TOUS DE LA MEME FAMILLE »